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Le Troisième

Publié le par Martin

Le Troisième

C’est chronologiquement un peu déconstruit, mais je meurs d’envie de commencer ce post par l’histoire du troisième, plus précisément le troisième connard de Wellington. Après le grutier le lanceur de tarte, le néo nazi au karsher, voilà le barmaid à tête de pine.

Retour sur les faits, avec une soirée qui débute au Dakota en compagnie de Céline, une amie Française à connaissance initiale commune, et de son compagnon Québécois Jo. L’ambiance Texas, chapeau, tape du pied, pouces dans des bretelles invisibles, Jeans, monte le taureau et country music nous gave assez vite. On opte pour la bifurcation, et entre dans le connu et branché Mish Mosh. Nous empruntons la salle cosie du sous sol. Au bar, Céline et Virginie demandent un verre de Merlot, le barmaid agacé fait semblant de ne pas comprendre, elles répètent et cette faignasse râle car il doit aller chercher une bouteille au bar de l’étage supérieur. Il revient donc avec la dite bouteille de Pinard et verse comme un porc l’élixir de raisin, maltraitant ainsi des siècles de traditions françaises, pour finalement obtenir deux verres de niveaux tout à fait inégaux. Un tantinet à cheval sur leur héritage, les deux françaises un peu en retrait émette une réflexion entre elles et dans la langue de Molière sur la qualité du service. Comprenant manifestement le sujet de cette réflexion qui ne lui était pas directement adressé, l’avorton se met à péter plus haut que son cul et nous sort : « If you’ re not happy, you can leave, you fucking idiots !!! ». Donc pour résumer, le mec fait la gueule à la commande, assure le service d’une manière à faire honte à sa profession, et finit en nous insultant. En première ligne, je suis le premier à intercepter l’insulte, donc je me retourne aussitôt invitant les autres à quitter ce lieu en laissant ce gros con en plan avec ses verres servis. Virginie et moi commencions à partir, mais Jo rêvant à ses caribous lointains n’avait pas suivi la scène et nous nous le voyons en train de payer. Trop tard, Virginie commence à s’en mêler et demande à notre grand vilain de répéter ce qu’il a dit, il s’exécute, nous insulte à nouveau plusieurs fois (« oui vous êtes des putains d’abrutis, ta copine est une putain d’abrutie »…) et en rajoute même une couche. Jo s’énerve et demande à voir le manager, évidemment la tête à claque répond qu’il est le manager, Virginie interpelle alors une serveuse un peu plus loin et lui pose la même question. Une minute plus tard, Jo est à l’étage en train de discuter avec le « vrai » manager, qui lui dit qu’il parlerait avec son employé dans la soirée.

Soit, les verres étant payés, dans l’hémisphère sud on ne perd pas le nord, donc on les consomme, fulminant à tour de rôle l'effronterie de la situation. Mais secrètement un impitoyable désir de vengeance nous consume, à quelques mètres la face de raie bouille derrière son comptoir et nous lance des regards en coin insolents. C’est alors que ma machine à histoire qui me sert de tête se met en marche, QSM question à scénario multiple, réfléchissons. Le cerveau reptilien arrive logiquement en première position, la bête sauvage qui sommeille en chacun de nous a envi de lui attraper la cravate et de lui envoyer mon poing dans la gueule. Mais mon éducation et mon tempérament me rappelle mon naturel non violent, et une touche de bon sens également quand je songe aussi au 6 maoris de 150kg qui assure la sécurité. Donc pourquoi pas lui balancer ma bière ou pire un verre dans vin la poire, mais c’est gâcher et ce serait manquer de respect à la boisson. Alors mon cerveau droit, celui de l’artiste a une idée, et quel sentiment rayonnant que celui d’énerver encore plus un bouffon déjà énervé. L’image de sa propre bêtise renvoie à une réalité dont il est déplaisant de faire face. Je m’approche donc du bar en prenant soin d’activer le flash de mon téléphone appareil photo. Le bras tendu avec une absence totale volontaire de discrétion, j’attends que ses yeux de fouine se tournent vers moi, et clac !!! Et ouai mec, tu viens de te faire flasher à 300km /h de connerie.

À cause, effet, bien entendu, je dirais même bien attendu. Le courageux presse un bouton sous le comptoir qui appelle la cavalerie. 20s plus tard un responsable foireux escorté par 4 gorilles commencent à faire les beaux. Une des armoires à glace me toise là haut de sa tour de contrôle qui lui sert de melon, et me répète « pourquoi vous avez pris une photo de mon collègue ? » Au jeu du con, je touche aussi ma bille, je lui dit que non je n’ai pas pris de photo, il insiste, « prouve le », « non », « montre moi ton téléphone » « non », « oui », « non », « oui », « non » un débat plein d’esprit, passionnant ! « On a des caméras, si t’as pris une photo, tu vas avoir des problèmes, l’image c’est privée » bla, bla… moi, crédule, je comprends : mon cul sur la commode, et le mien c’est du poulet, si ma tante en avait on l’appellerait mon oncle. Ce genre de vérités universelles qui me font trembler d’effroi !!!

Les verres finis, et l’entêtement français faussement agrémenté d’un soupçon d’incompréhension touristique l’emporte sur leur patience. Nous quittons alors les lieux comme des princes, simplement satisfait d’avoir emmerdé un peu plus ce gros con. Et bien évidemment laissez moi vous présenter cette photo, témoignage de la rencontre du troisième type.

Après cette délectation de rencontrer des cons pour vous les raconter ; comme toujours, le reste ici est plutôt très sympas. Parmi ces restes, une soirée au club house sur le thème de bollywood avec nos têtes marrantes prêtes à vous dire : Chicken tika masala ? (d’autre diraient Vindaloo ? ;-).

Le week end de Pâques nous a fait rééquiper Patrick en mode lit, pour passer un week à la ferme, chez l’oncle de Joe (l’anglais cette fois), avec beaucoup de mondes. Virginie a préparé un gâteau aux pommes pour l’occasion. Celui ci a succédé un diner de pizzas maisons avec tous les ingrédients désirés, au choix et cuits dans un four à bois extérieur à 320° de température. Virginie a le malin reflex de vouloir rattraper la porte qui tournait sur ses gonds, elle a juste gagné une belle brûlure horizontale sur son majeur droit, ça lui apprendra à s’en servir parfois avec impolitesse. Puis la nuit s’est poursuivit avec ce que les anglais-kiwis savent très bien faire, les jeux d’alcool, celui ci s’appelle The King of Drink ou Circle of Death, bref un jeu démoniaque et très drôle, internet vous enseignera ses rudiments si vous le souhaitez. Évidemment je vous le déconseille, boire et se marrer internationalement à gorges déployées sont très mauvais pour la santé.

Au ptit matin, nous, la gueule de bois, connaît pas, alors que tout le monde émerge avec douleur, nous préparons des crêpes frais comme des gardons pour toute la tribu. Très marrant d’essayer de faire sauter des crèpes avec une poêle en fonte de 10 kilos, c’était évidemment plus adapté pour une bonne côte de bœuf de la ferme. Attribution de la boulette d’or à un des kiwis du week end dont nous avons honteusement oublié le prénom, qui s’est cassé le gros orteil en faisant tombé une colonne de béton destinée à ériger la nouvelle terrasse de nos hôtes, doigt de pied violet de deux fois le volume normal, angle improbable, il a tout de même attendu 24h avant de se dire qu’il y avait peut-être un problème.

Autre événement plusieurs fois validé aujourd’hui, la reprise du surf. Cette combi 5/4 en provenance d’Hossegor est un pur bonheur, terminé les fesses qui claquent plus vite que la mâchoire après deux heures dans l’eau froide. Aujourd’hui tout n’est que courants d’eau chaude glissant entre la combi et ma peau, le froid ne m’arrête pas et ma nouvelle planche est super également, c’est fou ce qu’on est bien dans l’eau. Je crois que j’ai les signes astrologiques au double sens les plus pourris possibles, vierge ascendant balance, franchement ça craint, alors que j’aurais du être poisson ascendant verseau, ça ça aurait plus en phase avec le kiffe que j’ai quand je suis dans l’eau.

Vous y êtes familiers maintenant, mais on a repris le rythme de nos matchs au Wespac stadium et ses tribunes à moitié vide. Les Hurricanes de Wellington nous régalent avec un rugby venant d’une autre planète, amoureux du rugby allez voir les résumés des matchs du super 15 sur web, ça vaut le détour.

Virginie a repris les entrainements sans contact pour le moment, ses côtes se remettent tranquillement, encore un peu de patience et elle fera de nouveau fureur sur les terrains. Côté boulot, elle a de plus en plus de responsabilité, et est en charge du stock de deux magasins désormais. Et pour couronner le tout, son boss vient la chercher tous les matins lui faisant économiser les trajets en bus, chouette. Quant à moi, je ne fais pas que buller, surfer et faire chier des barmaids stupides, sachez simplement que les choses avancent de mon côté, je rencontre beaucoup de monde, terminé de faire le touriste, on est dans la place maintenant. Des détails quand il sera temps d’en donner.

Kiss les ptits poulets.

Le Troisième
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