The Golden Dust
J’ouvre ce post hebdomadaire en vous dévoilant le titre de mon passe temps sous écharpe. Mais l’écharpe c’est fini et mon passe temps aussi. Et avant de commenter le passe temps parlons de l’écharpe. Ca fait plaisir de pouvoir réutiliser ses deux bras normalement et refaire toutes ces choses géniales dont on ne peut pas se passer comme faire la vaisselle ou étendre le linge, oh comme le pec citron m’a manqué, nan je déconne on a un lave vaisselle. J’ouvre maintenant la page de la rééducation à distance, en suivant les consignes d’auto-rééduction promulguées régulièrement par mon pote Moustic, alias Jean-Ed alias kiné de profession et ami de lycée d’origine qui a certainement autre chose à foutre de son mois de juillet donc je le remercie sincèrement. L’épaule va de mieux en mieux, en comparaison avec ma première luxation à la même période, elle est bien plus mobile et moins douloureuse.
La course au boulot est à nouveau lancée en ce qui me concerne. Et une fois de plus la tâche n’est pas facile, j’ai réussi à dénicher les numéros de portables de tous les grands chefs machinos du pays, et tous ont grosso modo eu la même réponse (c’est assez noble de leur part de répondre, c’est pas le cas partout) en me disant que depuis que Le Hobbit est terminé, tout est très calme en ce moment et qu’ils sont en attente de nouveaux projets mais ils gardent mes coordonnées et seront heureux de m’appeler dès que ça bouge. Je ne sais pas si c’est une façon délicate de m’envoyer balader mais j’imagine qu’il y a une grosse part de vrai étant donné que tous les messages concordent. L’essentiel de la production télévisuelle est située à Auckland alors que Wellington concentre principalement la production cinématographique, ce qui signifie que mes aptitudes dans la transmission satellite ou la HF ont du mal à trouver demandeur ici à Welly. Je vais continuer à taper aux portes encore un peu et si personne ne veut entendre mon chant de Noël, alors j’essaierai autre chose quitte à retourner faire fumer pelles et brouettes si il le faut.
Virginie a trouvé sa routine matinale ou plutôt nocturne, les rapports au boulot s’améliorent de jour en jour et depuis que sa saison avec les féminines est terminée, les nouveaux entrainements s’intensifient. Elle prend énormément de plaisir à pratiquer avec ses coéquipières kiwis.
Un parfum de nostalgie s’est installé en cette fin de semaine car nous arrivons à la date fatidique où nous devons changer notre billet de retour. Pour faire court, à l’époque où nous avons pris les billets, février 2014 était trop loin dans le temps pour être réservable, donc ce sont des billets échangeables dont la date de retour initial était au mois d’août. C’est pourquoi vous avez droit à la photo d’un Gollum géant à l’aéroport de Wellington, visite succincte et inutile car le changement se fait par téléphone. C’est nostalgique parce que ça donne une vraie date de fin à tout ce périple, parce que ça indique qu’on a déjà fait la moitié du voyage et parce ce que je me dois de confesser une résolution qui n’a pas été tenue. Je vous avais dit dès le premier post que ce blog devait être notre seul lien avec la langue française, mais malgré toutes nos tentatives, nos heures d’effort à répétition, et les railleries de certains d’entre vous disant qu’on n’y arriverait pas. Et bien vous aurez eu raison, entre Virginie et moi, le français prend toujours le dessus. C’est pourquoi, honteux de ce lamentable aveu, je vous balance la note d’intention de mon passe temps, mon premier scénario de court métrage en Anglais. Et je refuse de le traduire parce que je boude tout seul. Avant de vous laisser avec ce « statement of intent », quelques photos de la vue de notre rue, funiculaires privés et vieilles bagnoles, mouettes et surfeurs au pied de la colline de la maison sous un soleil hivernal qui nous a offert une superbe semaine autour de 15° tous les jours.
Statement of intent For a year, I made the decision to see what was happening on the other side of the world. A year to think, a year to breathe, a year to explore and discover. From North to South, I contemplated magnificent places, walked for hours and hours in a grandiose nature. The most difficult ascents, testing the limit of my body, have stirred burried memories, those of my grandparents. Great people, art teachers, who certainly awakened my will to become a filmmaker. Although I can not hear their advice anymore, I know they are in me, in my genome. In New Zealand, I saw the powerful bond that unites families, your love for the land and nature. I saw people from different cultures who have learned to live together. The Golden Dust is a simple story of intergenerational transmission. This is the story of a grandfather who taught his granddaughter Lili to open the eyes to the beauty of the world, and how she will help her father James to mourn. I wanted this family to be the interbreeding of the two main cultures of this country, like the success of new zealander people’s wealth. The grandfather is Maori, oral handing down of values and knowledges is the thread of the narrative. Legends and magical stories are the legacy of our dreams and our hopes. A small touch of fantasy grants to this story the possibility of a somewhere else, a continuity. This short feature film contains four main characters, Lili, James, Grandpa and nature. But what interests me is to shoot what is between these characters, the emotional connection, touch, breath, visible and invisible contacts. I imagine a photography that sublimates nature, fluid motions and soft shots, playing mostly with natural light and using blur areas of the image to enhance aesthetic and emotional details. The hypnotic music of Armand Amar guided me throughout the writing of this script, and I owe a big part of my inspiration to the mesmerizing work of Terrence Malick and Emmanuel Lubezki, as well as the Charles Bukowski’s poem « The Laughing Heart ». The Golden Dust is the whisper of a grandfather in the ear of his granddaughter, the humble hope that handing down will help the new generations to cherish their legacy, this world.
















