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TOP 10

Publié le par Martin

TOP 10

Bonne année 2014 les ptits poulets.

Eparpillés au quatre coins du pays on vous a fait languir, oui je sais. Mais pour la nouvelle année kiwialacoq revient en force avec un narrateur de choix et de la lecture en veux-tu en voilà pour ces semaines passées survitaminées en péripéties de tous genres. Ce post est sans aucun doute le plus long, ce qui est légitime vu l’attente, mais ce n’est pourtant qu’un apercu de ce road trip de malade.

Allez, je vous laisse avec le bic du Bro Simon, c’est frais, c’est drôle, c’est puerile, tout ce qu’on aime… et surtout ça vous suggère à nouveau une chose inestimable: VOYAGEZ !!!

Hi 2014 bloggers, Simon speaking. Tout d’abord, mille excuses pour le retard de ce post. La vie en France reprenant ses droits et ses devoirs, j’ai mis plusieurs jours à vous écrire ce recueil d’aventures. Ce n’est pas une description chronologique ni un ressenti général de ces 3 semaines complètement Rice Krispies, mais une sélection d’anecdotes qui nous a mis très souvent la banane (parfois pas, mais avec le recul si !).

Je vous offre ce top 10 en espérant que ma plume vous amusera.

Enjoy folks and happy kiwi new year!!

10° Open roof

J’ouvre ce top 10 par ma relation particulière que j’ai eu avec Patrick. 1er jour du road trip, donc le 16 décembre, malgré le jet lag qui pèse sur nos paupières, on est tous plein d’entrain et de motivation pour consumer par les 2 bouts ce voyage à l’autre bout de la Terre. Martin en pilote, Amédée en co-pilote, et Camille Jenna et moi à l’arrière. Le moteur est à peine allumé, je me précipite sur le toit ouvrant arrière (car il y en a un devant aussi) pour saluer Virginie qui malheureusement ne viendra pas avec nous la 1ère semaine, contrainte d’aller travailler au Pack’n Save jusqu’à Noël. Le toit ouvrant est fait de 2 parties, une manuelle faite de moquette dure pour laisser entrer ou non le soleil, l’autre électrique pour ouvrir la vitre.

J’avais pensé presqu’à tout, mais mon élan de politesse inhibant ma logique, je bondis vers l’ouverture comme aspiré. Mais ma course s’arrêta brusquement dans le plexiglass, y laissant certainement une trace de gras de front et de narine. Premier fou rire moqueur et mérité de l’assemblée, on n’est pas encore parti. Pas de bobos, ni pour Patrick, ni pour moi.

2ème round : on part le matin pour gravir le mont Tongariro, dans les pas de Frodon, on accède aux berges de la montagne en van et pour immortaliser l’épreuve qui nous attend, je m’arme de la go pro et sort par le toit ouvert cette fois-ci. La tronche dans le sens de la marche et ne prenant pas en compte de la mécanique des fluides, la casquette que j’avais vissée sur la tête s’envole, bien évidemment. Rien de grave, je la récupère en suivant. Boulet !

3ème round : nous contournons le mont Taranaki sur la Surf Highway qui longe une partie de la côte Ouest de l’île de Nord, mont que l’on gravira le lendemain matin dans une douce douleur pour un kiff suprême. Le dicton « après l’effort le réconfort » a pris tout son sens. Une fois encore je prends la go pro pour ramener des images en France. Je sors plusieurs fois vers l’ouverture ouverte jusqu’à l’ultime fois où je me lève avec mes lunettes de soleil posées sur la tête qui, comme vous l’avez tous deviné, ont pris leur envol. Elles étaient bien ces lunettes, toutes neuves, polarisées, pour seulement 20€, et elles me donnaient un petit air coquet, le genre urbain. Pour revenir sur leur baptême de l’air, lorsque j’ai sorti ma tronche du hublot rectangulaire, j’ai de suite senti que quelque chose de louche se passait, je suis aussitôt rentré dans l’habitacle avec une tête d’ahuri demandant si je portais mes lunettes avant de sortir, ce qui a beaucoup amusé mes camarades. Voyant la mollesse de leur visage je me suis dis : pas d’inquiétude, j’y retourne. Mais mes compagnons de route ont quand même réagi en m’appelant, en me tirant le short et même en me griffant les mollets pour me signaler qu’elles n’étaient pas dans le van. De toute façon c’était trop tard, le mal était fait, mes sunglasses avaient déjà dues s’exploser sur l’asphalte, passer sous les roues d’un truck ou atterrir dans une bouse de vache. Bref, fucking idiot !

9° When wet

1er jour de la 2ème semaine, it’s Christmas day, pas de répit, nous partons dans l’île su Sud. Nous sommes sans surprise en retard pour prendre le ferry. Martin dans la peau de Sébastien Loeb décide de « push the mushroom » pour rattraper le retard. Mmmmmh mauvaise idée : Santa Claus nous a offert un cop kiwi muni d’un radar caché derrière un pilonne sur la route juste avant d’arriver au bateau. Bilan : 230$ d’amende salée et grillée. C’est chiant mais ça fait une histoire à raconter. Et puis on n’a même pas loupé le bateau.

3h de ferry puis nous reprenons la route pour 4h. Nous arrivons, évidemment dans le noir, à un campsite assez particulier : il est presque vide, c’est une plaine entouré de forêt, l’herbe est haute, le ciel étoilé. On ne voit pas grand-chose, Martin cherche un endroit où se poser et s’arrête plus ou moins sur les ordres de Virginie (il y avait un peu de tension dans l’air à ce moment là). Certains dressent les tentes pendant que les autres préparent le repas : une excellente ratatouille préparée la veille. C’était à mi chemin entre le paradis et la damnation. Donc repas, vaisselle, petite toilette et au dodo. Ca partait plutôt bien mais la pluie est arrivée avec le vent, et nous n’étions clairement pas équipés pour ça. Ca fait un raffut le vent ! Nos tentes à 16$ ont résisté tant bien que mal aux agressions climatiques. En vain. La Piaffeuse et Avance Rapide sont sorties s’abriter dans Patrick quand leur tente se changeait en baignoire. Les 2 autres binômes ont résisté aux intempéries jusqu’au levé du jour. Malheureusement l’inventaire matinal était rageant : tapis de sol, duvets, vêtements chauds et quelques paires de chaussures étaient trempés. Le moral des troupes n’était pas au beau fixe. Et comble de l’ironie, l’emplacement que nous cherchions la veille pour installer nos tentes sur un sol douillet, était en fait une cuvette, nous avons dormi dans une grosse flaque !! Marrez-vous chers bloggeurs, de toute façon le ridicule ne tue pas, et ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Nnaa !!

8° Waihere falls

3ème rando après les Huka falls, le mont Monganui voici les chutes de Waihere. Notre itinéraire est crescendo, c’est de plus en plus dur mais de meilleur en meilleur (pas sûr que ce soit français ça). Ascension physique mais assez courte, environ 2h, pour arriver au point de chute et se prendre une douche de bas en haut (???). Et oui, le vent soufflant dans le sens inverse de la cascade, toutes les particules d’eau nous revenaient dans la tronche. Rafraichissant, des sensations pures! Après une ascension il y a une descente, et pour ça il y a 2 écoles : ceux qui veulent prendre leur temps par fatigue et/ou par plaisir, ceux qui préfèrent se la jouer à la Indiana Jones poursuivit par une énorme boule de pierre dans un couloir étriqué dans Les Aventuriers de l’Arche Perdue. Martin Jenna et moi en mode Indi, Camille et Amédée à la cool. Rdv à mi-chemin à un lookout (point de vue) déjà visité. On arrive au mirador puis on les attend… trop longtemps. Quelques blagues puis l’inquiétude monte, nous décidons donc de remonter Jenna et moi pour vérifier ce que tout le monde pensait mais ne disait. On siffle, on crie, on appelle, pas de réponse, niet, nada, que dalle. Nous revoilà presque au sommet, au niveau d’une éventuelle bifurcation, lorsqu’on entend Martin nous appeler et nous rejoindre : « Ils doivent être en bas, ils ont dû passer sans s’arrêter ces bouffons ». On redescend, Martin en tête, en espérant que les dernières 10 min d’ascension n’étaient pas le lieu d’un ‘’crime’’ ou d’un accident immobilisant les 2 disparus. Descente éclair pour retrouver enfin nos 2 boulets à la voiture, l’air penaud et coupable, les oreilles vers le bas. Ils étaient en effet passés sans s’arrêter au lieu de rdv. Bou-bou-boulets ! Bilan on fait plus ou moins la gueule, car ce qui était chiant c’était l’inquiétude, mais en vérité on a kiffé la mission et se rajouter des bornes.

7° Monsieur et Madame…

Ces vacances ont été rythmées par plusieurs fil rouge dont les contrepèteries et les blagues de Melon et Melèche, et Monsieur et Madame un tel ont un(e) fils/fille. J’avoue, ça vole haut. Mais le niveau intellectuel d’une blague n’est pas proportionnel aux éclats de rire qu’il peut provoquer, tout est dans la manière de raconter. Dans ce domaine Amédée est une vraie brelle, mais c’est ce qui rendait les choses encore plus marrantes. C’est le genre de mec à se poiler dès le début de la blague et à se planter en pleine chute. Tout ça pour dire que nous passions parfois notre temps de voiture à s’inventer des farces et, lorsque la fatigue s’accumule, les rires sont souvent décuplés. C’est donc sur un ‘’Monsieur et Madame’’ qu’un phénomène étrange s’est produit. You know who, hilare et incapable d’enchainer 2 phrases sans se tromper, provoqua chez Avance Rapide qui conduisait (Virginie) un fou rire qui s’est transformé en un numéro de claquettes digne de Fred Aster, mais avec les dents. Ce bug de la mâchoire, mélangé aux larmes de joie, a duré facilement 10 min, et forcément on faisait tout pour l’alimenter tellement c’était contagieux. Ah fatigue, quand tu nous tiens.

Quelques Monsieur et Madame :

  • Gé-dans-l’huile-et-ça-flotte ont une fille ?

  • Er-vite-mon-slip ont un ou deux fils ? (ça peut être un prénom composé)

  • Forme ont 3 fis ?

  • Ment-vu-ça ont un fils ?

  • Un-but ont un ou deux fils ? (ça peut être un prénom composé)

Quelques contrepèteries :

  • J’ai le choix dans la date.

  • Je suis arrivé à pied par la Chine.

  • Mammouth écrase les prix.

  • J’ai le doigt dans le trou du fut, les mains entre les caisses.

  • La Chine se dresse devant les Nippons.

  • Ma mère sèche le linge.

6° Gaze stories

Part 1 : Un soir, après les Waihere Falls, nous revoilà quelques heures dans le van pour nous amener à notre dortoir préféré, la tente. Mais il est tard et nous avons faim. Après des courses rapides au Pack’n Save, nous cherchons un endroit pour déguster notre festin, pâtes fraiches saucisses. Yummy ! Je m’attelle en cuisine sur une table en bois à une aire de repos au bord d’un lac sous une nuit étoilée (elle est longue cette description sans virgule, non ?). Pas mal mais ça caille. Bref, le feu essaie tant bien que mal de faire frémir l’eau salée, sans grand succès. On décide d’y plonger nos sucres lents sensés cuire en 3 min. Mais vu la timidité de la flamme on se dit que ça va être ‘’chaud‘’ de manger des pâtes fraiches cuites et chaudes. La bombonne de gaz était livrée avec Patrick lors de son acquisition, et là elle était clairement en fin de vie. Heureusement Martin avait anticipé le coup et en avait acheté une autre. Mais nos pâtes n’ont pas pu cuire davantage pour autant, car là-bas une bombonne neuve achetée 43$ est vendue vide !? Donc soirée pâtes archi al dente, mais qu’importe, ça cale !

Part 2 : Au petit, très petit matin de la rencontre avec les dauphins (levé 4h30), nous arrivons après quelques km dans Patrick à la réservation, puis très vite dans les vestiaires pour essayer notre combinaison, masque et cagoule. On se dessape (j’imagine que les filles faisaient pareil dans la ladies room), puis nous commençons à enfiler notre scaphandre lorsque, soudain, nous entendons une détonation retentir non loin de là. J’ai d’abord cru que ça venait du couloir, mais vu l’hilarité dans laquelle étaient plongés Martin et Amédée, j’ai compris que cette déflagration était l’expression des intestins de you know who. Amédée, surement un peu barbouillé, a lâché une CAISSE de baleine presque sur la gueule du touriste anglophone qui se changeait avec nous. Ce dernier n’a pas bronché, ‘’res-pet’’. Ai-je besoin de préciser qu’un fou rire de l’envergure de son pet nous a envahis ? Trop tard, c’est fait. Bande de gamins !!

5° Lost watt (words game)

Le 31, soir du réveillon, préparation pour la soirée barbecue chez un mexicain de passage dans les hauteurs de Wellington. Tout le monde se prépare, douche, maquillage, petite chemise, petites chaussures, parfums… lorsque tout à coup you know who arrive torse nu avec un grand smile mais un peu inquiet dans le salon pour demander à l’audience de vérifier un truc : « je viens de me laver les oreilles et le bâton est ressorti comme ça, (c'est-à-dire sans le coton destiné à recueillir les sécrétions auriculaires jaunâtres) et je n’ai pas vu le bout tomber ». Fou rire de l’assemblée, fierté du héros, puis viens le temps de l’examen et du traitement. Je tire son oreille droite en arrière pour mettre en lumière son conduit auditif et, surprise non surprenante, la boule de coton est bien là, nichée au fond de l’oreille externe (oui car l’oreille est anatomiquement divisée en 3 parties : externe, moyenne et interne). Comment régler le problème ? Il nous faut un objet fin qui nous permette d’accrocher le corps étranger. On pense à une épingle à nourrice, une épingle à tricoter, une pince à épiler… On opte pour la dernière solution dans un premier temps. Je tire son hélix et anti-hélix (parties du pavillon) vers l’arrière pour ouvrir le conduit afin d’introduire la pince. J’accède de justesse au ouate bloqué et arrive à l’accrocher. Bref, tout ce charabia pour dire que ça a marché, l’extraction de la ouate perdue est un succès et Amédée a retrouvé ses watts.

4° Chocolate splash

Nous sommes à Queenstown, 2ème semaine du road trip dans l’île du Sud. Après une après-midi canyoning un peu piège à touristes, nous flânons dans les rues de la ville en quête de souvenirs : pull, T-shirt, sac, magnet, porte-clefs, cadeaux pour la famille et les amis…puis nous décidons d’aller déguster un chocolat dans LA boutique réputée de la ville, petit plaisir au bord du lac dans une journée ensoleillée. Chacun passe sa commande et ce qui devait arriver arriva. Jenna portant fièrement son nouveau pull gris tatoué d’un kiwi DJ, décide d’ouvrir le couvercle en plastique de son mug éphémère pour prendre la température de son breuvage. Pourquoi n’a-t-elle pas utilisé l’ouverture prévue à cet effet ? Allez savoir… Sa méthode consiste à tremper le bout de sa langue dans le contenu pour, une fois brulée, dire que c’est trop chaud et qu’il faut attendre. Mais elle n’a même pas eu le temps de se servir de son thermomètre que le mal était fait. En voulant ouvrir l’opercule, sa délicatesse légendaire a fait de ce mug un volcan en éruption dont la lave chocolatée s’est répandue sur les flancs de son pull. Dépitée, l’air blazé, elle entendait la voix de sa mère résonner dans sa tête : « fais exprès de faire attention ! ». L’espace Jenna, l’espace.

3° Martin times

Part 1 : La rando au mont Tongariro était l’une des plus belles, si ce n’est la plus belle, car paysages Frosties de Kellogg’s, et épreuve collective et personnelle mémorable, indélébile. C’est le décor du Mordor dans le Seigneur des Anneaux, la montagne du Destin. 7h ou 8h chargés comme des bourricots, le but était d’arriver au refuge avant la nuit pour voir les balises qui nous orientaient. La dernière heure était très étrange, il n’y avait plus trop de dénivelés, le paysage était assez désertique, la lumière baissait, et tout le monde avançait vers quelque chose. Les jambes étaient sur pilote automatique, on aurait pu marcher comme ça pendant des heures. Mais, comme une providence, le refuge fit son apparition, nous étions arrivés au paradis. Smile, rires, joie, c’était une véritable récompense. Viens le temps de la Bière de l’Effort, de la douche à la cascade (glaciale mais tellement bon), puis du repas. Nous attendons qu’une table se libère à l’intérieur pour déguster nos sardines, pain de mie et autre cheddar. Martin prend une boite de ces fameux petits poissons baignant dans l’huile et les aromates et, tel un grand géni, ouvre l’opercule métallique … en entier. Vous connaissez l’effet boomerang, le retour de flamme, l’arroseur arrosé ? Et bien oui messieurs dames, le petit clic signant l’ouverture complète et la tache assurée n’a pas manqué. Il se prend une giclée de ce délicieux jus huileux en plein dans la cabine avec une constellation sur le T-shirt. Le plus drôle est que ces sardines-là étaient à la tomate et que bien évidemment que le T-shirt était propre, et tout blanc ! Merci bro’.

Part 2 : Après ce repas rigolo, il fallait dormir. Tous nos semblables étaient couchés et commençaient déjà à ronfler. Mais, même si les Kiwialacoq avaient réservé 5 places à 30$ par tête, il manquait des couchettes. Et Martin, en grand seigneur, s’est sacrifié pour dormir sur le parquet dans le jus des sardines, tandis que nous avions tous une place sur une couche en plastique, serrés comme des sardines. Nuit qu’il n’a pas du tout apprécié nous a-t-il signalé au petit matin. Il s’est d’ailleurs empressé de squatter le premier lit qui s’est libéré. Merci mec.

Part 3 : Le lendemain, lors de la descente, nous avions parfois des envies folles de courir malgré les sacs. Martin en leader décida de se prendre un petit kiff à courir, aidé par la pesanteur, sur le sentier dessiné sur les flancs de la montagne. C’est alors qu’au détour d’un lacet, en contrebas, je le vis vouloir esquiver les lents en s’écartant sur la droite, puis perdre l’équilibre en revenant sur le tracé, faisant ainsi une queue de poisson aux kiwis fraichement doublés. Il se vianda mollement du bon coté du chemin, sur le sac, mais son numéro n’a pas plu aux kiwis qui ont pris peur et ont juré : « oh my lord jésus » ou « holy god » ou encore « oh my goodness », something like that. Merci dude.

2° Camille falls

Part 1 : La 1ère activité phare du road trip était le saut à l’élastique. Rien de tel pour se mettre dans le bain de vacances extrêmes. Le Défieur, le Tamponneur et moi avions déjà réservé. C’était ‘’no way’’ pour le Caméléon, même pas négociable même si j’ai tenté, et la Piaffeuse se tâtait. On ne savait pas, alors, qui, de son petit diablotin ou de son petit ange, remporterait le combat. On avait donc pour mission d’influencer sa décision. Après plus de 15 min de négociation, on a balancé l’artillerie lourde, l’argument choc, celui qu’on lui sortait toujours quand elle était petite (bien qu’elle ne soit pas très grande aujourd’hui) et qu’elle ne voulait pas ou qu’elle galérait à nous suivre : « de toutes façons, si tu ne le fais pas, tu le regretteras ». BIIIIIM !!! Elle achetait son ticket ! Pousse-au-crime vous dites ?

Autre obstacle à traverser : la balance. Il faut faire minimum 45 kg pour avoir le droit de se jeter dans le vide. Heureusement que Camille avait oublié son Normacol (genre Destop mais pour les intestins), ce qui lui a permis de retenir son bol alimentaire fermenté, et ainsi d’afficher un gros 46 kg. Vient le temps de la préparation : Martin en 1er, you know who en 2ème et Camille 3ème, moi je ferme le saut. Tout se passe bien, Martin saute avec classe, le genre volontaire, en saut de l’ange; Amédée un peu moins mais sans sourciller, il a même réussi à toucher l’eau du bout du doigt ce gros cochon ; et Camille. Pendant toute la préparation des 2 zigotos, elle essayait de me négocier un saut à 2, en tandem. Je n’étais pas trop chaud car envie de le faire en solo, mais j’étais prêt à lui accorder jusqu’à ce que la monitrice nous dise que le solo était bien plus sensationnel. Tant pis sister, c’est chacun pour soi sur ce coup-là. Donc elle se fait équiper et se rendant compte de ce qu’elle s’apprête à faire, la frousse, les chocottes, la trouille, les foies, les jetons, les boules, tous ce que vous voulez lui serrent d’un coup les tripes, et une crise de larmes se déclenche. Evidemment moi mort de rire, les Québecquois qui attendaient derrière moi pareil, les moniteurs pareil. On l’encourage tous quand même, on n’est pas des chiens. Elle s’approche du parapet, en mode résident sénile de maison de retraite, les joues encore mouillées, et le moniteur lui demande de tourner la tête vers la photo avant de sauter. Paye ta grimace ! Puis il l’invite à sauter en lui mettant une main dans le dos : « don’t push me, don’t push me », le mec obéit. Elle stagne sur bord du précipice, regardant en bas, puis vers moi, puis en bas, puis vers moi…, et le mec entame un compte à rebours. Three…two…one… and Camille jumped, hum sorry, Camille dropped. Je pense que ce saut doit faire partie des plus chelous de l’histoire du site. Elle a bien utilisé le décompte, mais sa prise d’élan, genoux fléchis, a été sa position pendant toute la durée de la chute libre. Elle n’a pas bien écouté le professeur : sauter vers l’avant, bras déployés, de manière à avoir la tête la 1ère, et une certaine élégance. Du coup, elle a sauté, pardon, elle est tombée toute droite, les pieds en bas, et ce qu’on attendait s’est produit : la mise en tension de l’élastique l’a faite basculée d’un coup, et les rebonds étaient plus qu’aléatoires. Je pense que son estomac a fait du yoyo autour de son trou de balle. Du moment où ses pieds ont quitté la passerelle au moment où l’élastique s’est stabilisé, elle a poussé des cris tellement violents que son visage et tous les touristes et passants à plusieurs km s’en souviennent encore. Je suis sûr qu’elle a réveillé les esprits maoris qui sommeillaient tranquillement dans la vallée. Un porc qu’on égorge n’est qu’un doux murmure à côté. Bref, elle l’a fait, respect et honneur ! Le soir au Pack’n Save, en tâtant les abricots, elle s’est vue dans le miroir qui surplombait l’étalage. HORREUR !!! Les vaisseaux de son visage avaient éclaté, c’était atroce, « je suis défigurée, nan mais regarde ma gueule, tous ces petits points rouges, ça fait dégueulasse… ». Petite crise au supermaché, mais franchement, entre nous, on ne voyait rien !

Part 2 : Un matin aux aurores, nous sommes partis sur les flancs de Fantasm Peak, petite montagne voisine du mont Taranaki, ascension difficile en 3H30 pour une récompense panoramique époustouflante, et descente en 1h30, l’endorphine aidant, comme si des ailes nous avaient poussé dans le dos. Ailes qui auraient été bien utiles à la Piaffeuse. La 1ère moitié du parcours est aménagée par 2500 à 3000 marches traversant la végétation, ce qui nous amène à la 2nde partie déserte bien plus ardue jusqu’au sommet. Bref, à la fin de la descente, il devait rester 5 min, soit une bonne centaine de marches, lorsque Camille qui courait devant moi se prend le bout de sa chaussure trop grande dans le rebord en bois d’une marche et passe en un éclair d’une position verticale à courir et rebondir aidée par la gravité, à une position horizontale étalée sur les rebords saillants des marches, toujours aidée par la gravité. La physique est parfois étrange, tout l’élan, donc la vitesse et l’accélération emmagasinées dans la descente, a été stoppé net ! Les forces se sont annulées sans propagation de l’énergie. Elle s’est empalée dans les reliefs de l’escalier. L’état léthargique de la sister gisant au sol, la salopette lui remontant dans les miches et le manteau ouvert retourné au dessus de sa tête n’a pas réussi à m’inquiéter une seconde, enfin si peut être une, mais ça a surtout laisser place à un énorme fou rire que je n’ai pu partager qu’avec Jenna qui était devant Camille, puis avec Camille elle-même une fois ses esprits retrouvés et la douleur atténuée. Martin et Amédée ont loupé ça, toooooo bad ! La situation était tellement marrante que j’en ai morvé de rire pendant que Jenna, qui n’a vu que le résultat de la chute, rigolait si fort qu’elle s’est pissée dessus. On est vraiment des gros bâtards. Merci Newton.

1° Amédée falls

Et pour clôturer ce top 10, la boulette d’or revient à You Know Who. Le 3ème jour du road trip nous partons faire une rando VTT en montain bike dans la Redwood Forest. Nous cherchons les sentiers réservés aux 2 roues à pédales, nickel pour se chauffer. On a tous un casque sur la tronche, sauf Amédée qui l’enlève dans les côtes. Ce grand gars a un problème de régulation thermique. On monte donc un large chemin de 400m environ avec une petite bosse tous les 50m, chemin surement destiné aux pompiers et gardes forestiers, qui nous amène à un cul de sac au sommet. Evidemment en haut on se frotte les mains, sachant le dénivelé qui nous attend. Camille part en tête, puis Jenna Amédée, Martin et moi à l’arrière avec la go pro vissée sur le casque. You know who part comme une balle, je le suis de prêt, on prend une bosse puis une 2ème, la vitesse augmente, et arrivé au 3ème relief à hauteur de Jenna, la Tamponneur prend son impulsion, décolle… mais en plein vol il commet l’erreur. Il a eu le mauvais réflexe de tirer un poil plus son guidon avec son bras droit, ce qui a sorti la roue avant de l’axe de son vélo. L’atterrissage est plus qu’approximatif, il guidonne, perd les pédales et s’écrase sur tout son coté gauche sur le chemin caillouteux tandis que le VTT se crash dans un arbre. La chute est spectaculaire, la boulette d’or est déjà gagnée, les rires et l’inquiétude se mélangent. Camille qui n’a qu’entendu la scène flippe à mort, Jenna qui a eu la chance qu’Amédée parte vers la droite se marre direct, comme Martin et moi. Bilan matériel : casque enfoncé, grand plateau vrillé, lunettes ok ; bilan humain : 2 steaks hachés aux oignons pourris bien de là-bas pour le bassin et le coude gauches de stuntman Amédée, ainsi que des plaies et des rayures sur l’avant-bras et toute la partie gauche du dos jusqu’à l’épaule (photos à l’appui), plus un léger malaise vagal post traumatique. Blafard il dit : « nan mais là je vous vois plus, je vois plus rien… faut que je mange.». Tout ça ne l’a pas empêché de continuer la rando. La semaine qui suit est rythmée par un nouveau rituel, le nettoyage des plaies avec changement de pansements matin et soir. En victime il arrive à gagner un bisou de la loueuse de la boutique avec un anglais irréprochable : « I will forget my pain if you give me a kiss. », and she did it, beau gosse mec !

Adishatz !

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