Wellington Sevens
Avant de revenir sur ce dernier week end très Rock’n’Roll, retour sur les évènements précédents.
Commençons par ma tentative de retour à l’emploi sur les chantiers. J’ai mollement décidé de reprendre mon job de « labour » histoire de mettre un peu de beurre dans les épinards pour achever ce cycle annuel avec un peu de caillasse dans les poches. Première journée dans un building à côté de la « ruche », le parlement Néo-Zélandais, tranquille. Deuxième journée, on m’envoie sur un chantier énorme, à l’accoutumé personne ne te calcule, tu ne sais pas à qui t’adresser, tu poirotes et un gars sorti de nul part te demande de ramasser toutes les merdes qui trainent partout, de les mettre dans des grosses poubelles en ensuite vider ces dernières dans d’énormes bennes. Une heure plus tard et la poubelle remplie de béton liquide qui me tombe sur la gueule quand je force tout seul comme un âne pour la vider suffise à faire bouillir mon sang. Si ce sont mes derniers jours en Nouvelle Zélande, ce n’est pas comme ça que ça doit finir, j’envoie tout faire foutre et je me casse du chantier comme un voleur. On a tous rêvé un jour de faire un gros doigt et se barrer de sa journée de boulot, et bien c’est fait en ce qui me concerne, je peux le rayer de ma liste, et ma foi c’est assez grisant.
Autre événement marquant évidemment, Aotearoa via la main experte de Tuigamala Andy Tauafiafi a laissé à jamais son empreinte sur la peau de Virginie. 3 heures de torture à serrer les dents et tenir bon durant ce rituel charnel qui coïncidait par le plus grand des hasards avec la diffusion en direct du Super Bowl. Après tout on est en pays anglo-saxon, donc pendant que l’une souffre en silence, l’autre sirote une ptite américaine en regardant les Seahawks de Seattle mettre une branlée au Broncos de Denver entrecoupé du mini concert de Bruno Mars et des Red Hot Chili Peppers.
Le reste du temps est plutôt routinier, rythmé par les entrainements, quelques sorties gentillettes entre potes jusqu’à ce que sonne la fin du contrat de travail de Virginie et l’ouverture du week end des Seven’s de Wellington.
A vrai dire ce week end a eu le droit à une petite mise en bouche avec le jeudi férié du Waitangi Day en l’honneur de la signature du traité de Waitangi le 6 février 1840 qui scelle la paix entre colons et autochtones, réattribue les terres aux tribus maories et leur octroie les mêmes droits que les britanniques. Ce traité est le symbole d’unification et de mixité du pays, il est célébré par une journée familiale ornée de chants et danses maoris, à laquelle nous avons assisté alors que le soleil était encore au rendez vous, on a également eu l’occasion de poser avec les Womens Sevens.
Quant au tournoi des Seven’s, pour l’histoire chaque année, les meilleurs équipes de rugby à 7 (prochainement aux JO) s’affrontent dans différentes villes du monde, Wellington en fait partie et c’est sans aucun doutes le week end le plus festif de l’année à Welly. La tradition veut que tout le monde se déguise avec évidemment des concours de costumes et une ambiance survolté dans le stade et dans les rues de la ville. La ville se transforme en foire gigantesque, on croise des Mignons, des Charlies, des hommes des cavernes, des Walter White, des bananes géantes, des romains ou grecques antiques, des hommes poupées gonflables, et tous autres personnages loufoques à chaque coin de rues. Nul n’est besoin de préciser que nous avons décidé de concert de revêtir le thème du 80’s rock band. Chanteurs, guitaristes, batteurs, on était tous au taquet pour vivre notre personnage et envoyer du pâté niveau ambiance, champions incontestés du Air Guitare du week end. Nous avons particulièrement brillés au Chicago, un bar sur le waterfront, qui avait pour l’occasion érigé un podium pour faire défiler les différentes tribus. Malgré une semaine radieuse, on a manqué de chance avec un temps plutôt dégueu sur le week end, mais la pluie aura au moins eu le mérite de mouiller le podium ce qui nous a valu des glissades sur les genoux légendaires.
Côté stade, c’est sans équivoque la plus grosse ambiance qu’on ait découverte ici. Chaque arrêt de jeu, mi temps entre match, un DJ reprenait les mannettes et transformait les tribunes en dancefloor géant, épique. L’équipe de France n’a pas brillé malgré nos cris déchainés mais la Nouvelle Zélande a (encore) remporté le tournoi donc la fête était au rendez vous. Virginie nous a fait un petit tour de stade magique en courant dans les tribunes pour rattraper le tour d’honneur de son équipe portugaise, un spectacle haletant pour toute la bande.
Après le stade, la ville qui a fermé les rues festives à la circulation, c’était bondé, énorme ambiance dans les bars aussi bien qu’à l’extérieur avec de gros sound system installé dehors. Un week end particulier, complètement fou, qui n’est pas sans évoquer avec nostalgie nos férias du Sud Ouest. Nous étions tellement à fond dans nos personnages de rockeur qu’un mec m’a même demandé, alors que je me déchainais à battre le rythme sur une table de bar et des gobelets en plastiques avec mes baguettes (tranquillement taillées sur la plage la semaine passée dans des cuillères en bois), si j’étais batteur professionnel et quel était mon groupe. On s’est éclaté, bidonné, un week end inoubliable, mon épaule s’est au passage encore payé le luxe d’une petite échappé grinçante de quelque minutes, mais pas de quoi gâcher la folie de cette fête unique. Les photos seront bien plus éloquentes, et j’essaierai d’ici un ou deux jours d’ajouter un mini montage en mise à jour de ce post pour vous donner un petit aperçu de l’ambiance.
La gueule de bois a un goût âcre, un goût d’attente de cette satanée réponse de visa, si bien qu’on a du décaler nos billets de retour d’une semaine pour être sûr d’avoir une réponse avant de s’envoler. Alors que la ville éclot péniblement de son Sevens exubérant et reprend doucement le cours des choses, nous nous demeurons dans notre état de léthargie jusqu’à ce que la lettre tant désirée nous autorise un réveil exhaustif.

























