ENCORE UNE DE PLUS
Avant de décharger ma prose informative, je vous invite à vous rendre à la fin du texte pour rendre hommage à notre pote Patrick. Après plusieurs tentatives de réanimation sans succès, notre compagnon de ferrailles s’en est allé dans un autre monde. Volontaire sur le don d’organes, son âme survivra au travers d’autres véhicules dans le besoin. Pour ceux qui l’ont connu réellement, ou vous tous qui avez suivi ses aventures au fil des post, voici cette petite vidéo/diaporama pour nous rappeler ces moments de vie magiques qu’il nous a si brillamment offert. Salut l’ami.
Voilà voilà, maintenant que nous avons tous versé notre petite larme d’huile de vidange, que les poulets reviennent à leurs moutons. Concernant le dernier post en date, sachez qu’on va beaucoup mieux, nos gueules cassées ont retrouvé leur vigueur d’antan. Après presque deux longs mois interminables où j’ai frisé l’atrophie, j’ai relancé ma machine organique, c’est tout de même une sensation agréable de bouger son cul (je veux dire se mouvoir, pas gigoter son postérieur comme une certaine blondasse). Retour à l’entrainement avec nos 3 potes français de Poneke, Louis, Thibault et Gary, tous les 3 professionnels ou étudiants dans le sport et la préparation physique, idéal pour se remettre en forme, quoiqu’ils ont le coude léger aussi quand il s’agit de soulever des pintes. Mais surtout retour à la baille, pouvoir se faire brasser par des tonnes d’eau salée bouillonnante, attendant dans une obscurité sourde que les tourbillons d’écume nous autorisent à retrouver cette inspiration libératrice tant réclamée par nos poumons, cela fait partie des petites choses simples qui nous rappellent pourquoi nous sommes bien à Wellington.
Si bien que ces dernières semaines ont nécessité une grande partie de notre temps à démêler les besoins administratifs auprès des services d’immigration afin d’obtenir le visa de résidence Néo-Zélandaise. La première étape vient d’être soumise, rien n’est encore fait, la procédure est longue et très coûteuse, mais nous souhaitons nous offrir toutes les options pour pouvoir décider de notre avenir géographique. L’inconvénient actuel qui en résulte est que nous sommes un peu bloqués pour l’instant à cause des coûts des démarches qui nous empêchent d’acheter une nouvelle voiture, Patrick ne nous a pas lâché au meilleur moment. Mais espérons que ça ne dure pas trop longtemps.
Pendant quelques semaines, notre ami et colocataire de passage Jo Briere, le Québécois fantastique, a soulagé notre peine roulante avec son beau 4x4. Mais désormais à une semaine de quitter Wellington, il a dû le vendre avant de filer vers d’autres horizons. Skate, bus et petons sont redevenus notre quotidien, une seconde adolescence forcée, le sort veut rattraper le temps perdu en nous punissant d’avoir fait l’impasse sur le skate à l’âge des spots et des appareils dentaires. Il nous reste plus qu’à invoquer la clémence du souffle de Wellington, parce qu’essayer d’avancer en skate face au vent, c’est une vraie purge.
Le printemps s’installe timidement sur le pays du long nuage blanc, nous offrant des brides de soleil, rapidement saccagées par de nouvelles journées de pluie et de vent, mais petit à petit, jours après jour, le soleil semble gagner du terrain.
Récemment le travail m’a guidé vers le montage des vidéos pour la campagne du Wellington Sevens 2015, ce fameux week end de folie en février, où rugby à 7, déguisements et délires sont à l’honneur. Vous pouvez jeter un œil à ces vidéos en bas. Toujours dans le rugby, cette année j’ai réalisé cette petite vidéo de recrutement pour Poneke, avec notamment une interview de Dane Coles, un joueur de Poneke, aujourd’hui All Black. Puis toujours dans les projets récents, j’ai eu la chance, toujours avec Dusk, de travailler sur les vidéos, projetées sur scène, du WOW. Le WOW, World of WeareableArt, est un événement annuel et unique à Wellington. L’objectif premier est une compétition internationale de costumes démentiels, mais leur présentation sont mêlées, au sein de sections dédiées, avec de la danse, de la musique live, des performances d’artistes de cirque ou même de moines de Shaolin, et de la vidéo pour certains tableaux. C’est étonnant, complètement original, et admirablement chorégraphié et mise en scène, un véritable spectacle son et lumière. Invité car collaborateur du spectacle, j’ai pu découvrir ce superbe événement et, par la même occasion, la TSB Arena, la grande salle de spectacle de Wellington et sa scène à la forme singulière. J’ai personnellement travaillé sur un tableau sur le thème de Zorro, pour lequel j’ai du créer un montage composé d’images de vieux western, c’était chouette.
Virginie apprécie un peu de changement pour les cinq prochaines semaines, bien qu’elle va travailler 50h par semaine, elle sera durant tout ce temps la responsable autonome d’un magasin un peu plus proche de la maison.
Au rugby, mais côté spectateur cette fois, tout comme Toulouse en France, on commence à se lasser des branlées que prennent week end après week end les Lions de Wellington. Heureusement les Blacks qui viennent encore de remporter le titre du 4 Nations, nous vendent du rêve à chaque match. En particulier celui dont on a eu la chance de voir en live contre les Springboks au Westpac Stadium. Ce match génial nous a en plus offert notre moment de gloire. Vous l’avez sans doute aperçu sur Facebook, mais on a été filmé pendant l’hymne néo zélandais tout de noir vêtu en train de chanter God Defends New Zealand. C’est d’autant plus cool, qu’on s’était dit une semaine avant le match qu’il serait temps de connaître l’hymne national, on a galéré à mémoriser la partie en Maori, en chuchotant encore et encore les paroles pour éviter que Jo Brière nous entende, parce qu’on voulait le bluffer le Caribou. Et boom, pendant la première partie de l’hymne, les caméras montrent nos faces au monde entier en train de chanter en Maori, se faisant passer pour de natifs kiwis, si ce n’est pas la grande classe ça ! On a réussit à berner les caméras de Sky TV, on devrait y parvenir de même pour l’immigration.
Encore une de plus, quoiqu’on fasse, malgré tous les efforts, chaque année on n’y échappe pas. Une pige de plus au compteur, une seconde en Nouvelle Zélande, je n’avais pas vraiment d’attente face à cette 29ème année, la dernière avant ce que les locaux appellent le « dirty thirty ». Mais c’était sans compter sur ma moitié. Virginie, de surprises en surprises, m’a réservé une journée aux ptits oignions (bien que je ne valide absolument pas cette expression). En commençant par prendre une journée de congés pour m’inviter à la suivre vers une destination mystérieuse, nous embarquons alors sur le ferry qui traverse la baie de Wellington. Soleil radieux le vent marin qui nous caresse le visage, nous accostons à Eastbourne. A quelques pas du ponton, une table fleurie m’attend dans le restaurant de Mui, notre ami kiwi à tresses que vous avez déjà aperçu dans moult photos. Un repas copieux et délicieux, achevé par un gâteau au chocolat fondant qui mettrait ma sœur dans un état second, et nous empruntons un chemin de digestion dans le bush natif, dans cette partie sauvage du Sud de l’île. On ne se lasse pas de crapahuter dans cette nature exceptionnelle, guidés par le chant des oiseaux endémiques. Après plusieurs heures paisibles et revigorantes, nous prenons le chemin du retour en longeant les plage, la baie de Wellington où le soleil se joue des nuages à gauche, et un enchainement de maison toutes plus stylées les unes que les autres à droite. L’étincelle d’un désir de propriété illumine des rêves pas encore à notre portée.
Retour vers la ville, le temps se gâte, nous sommes seuls dans le ferry, la houle joue aux yoyo avec nos estomacs, j’adore ça, Virginie un peu moins. A Wellington, la nuit tombe, nous prenons l’apéro dans un bar branché en tête à tête, l’esprit libre, apaisé par cette superbe après midi. Puis elle me guide vers un restaurant italien pour terminer ce 29ème passage en beauté. A l’entrée, je demande naïvement une table pour deux, quand la serveuse, française, répète bêtement ce que je viens de dire en forçant sur l’accent français. Je pensais qu’elle se moquait de mon accent, sur le coup j’ai trouvé ça limite, je me suis dit « t’as beau être française, on n’a pas élevé les cochons ensemble ». Mais en me retournant je vois Virginie se marrer, et Jo, Mui, Thibault, Louis, Gary et Luni entrent derrière elle. Encore une surprise avec tous les potes qui viennent festoyer à nos côtés. Chapeau Virginie, une journée orchestrée d’une main de maître, j’ai beaucoup de chance de t’avoir.
Ainsi vont les choses dans la Compté, une terre paisible où il fait bon vivre, où Poulets et Hobbits gambadent joyeusement.



















