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VERS LA COUR DES GRANDS

Publié le par Martin

VERS LA COUR DES GRANDS

Bonjour les Ptits Poulets, ces deux mois passés ont été riches en rencontres professionnelles, en moments festifs, en mariages et quelques phases d'attente un peu angoissantes. On place nos pions, on avance progressivement, pour sagement se diriger vers la cour des grands.

2015 a commencé avec une bonne dose de stress lorsque Virginie a reçu un email de l'immigration expliquant que sa boîte ne respectait pas suffisamment les quotas de recrutements de kiwis, si bien que son visa de travail n'allait pas être renouvelé, et donc par extension, le mien non plus. Il faut savoir que nous attendons toujours la réponse concernant le visa de résidence qui est différent d'un visa de travail et demande beaucoup plus de temps, mais pendant cette période d'attente, nous sommes obligés d'avoir un autre visa en règle ; or nos visas de travail expiraient mi-février, c'est pourquoi nous avions fait cette nouvelle demande de visa de travail. Bref, on a commencé à claquer des fesses, imaginant toutes les options possibles, comme rester à Wellington en tant que touristes et bosser au black, bouger en Australie, rentrer en France ou partir en Asie en attendant, mais la situation financière n'était vraiment pas propice à toutes ces options. Voilà un sympathique problème d'immigré qui nous a tenu alerte un petit moment. Mais heureusement, après un rendez vous avec un agent de l'immigration, nous avons expliqué la situation et un nouveau visa de travail jusqu'en 2016 nous a été accordé en passant outre les critères initialement problématiques.

Jusqu'à la résidence, Virginie est toujours obligée de travailler pour la même société mais cette petite mésaventure lui aura finalement donné un coup de pouce. Depuis des mois, elle était enlisée dans un magasin avec un collègue odieux et incompétent. Avec cette histoire d'immigration, sa boîte la voyait déjà repartie en France et a aussitôt chercher à la remplacer. Peu après, lorsque sa situation a été régularisé sans l'aide de ses employeurs, ces derniers ont été très surpris de la voir se repointer avec un nouveau visa spécifiant son obligation de continuer à travailler pour Prolife uniquement. Son ancien poste ayant été substitué, et face à la qualité de son travail, ses boss l'ont promu manager dans deux nouveaux magasins dont elle assure la gestion des produits Prolife. Une très bonne chose qui implique plus d'autonomie pour Virginie, mais aussi de meilleurs collègues, plus d'heures, et un salaire revu à la hausse. Le seul bémol est que ces deux magasins sont plus loin de la maison et qu'elle a quotidiennement besoin de Charles. Mais mon skate est toujours fidèle, je glisse d'un bout à l'autre de Wellington avec grâce et je maudis les montées. Quant à moi, ce début d'année a été pour le moins poussif au niveau du travail mais comme je le disais, il s'agissait de placer ses pions, j'y reviendrai plus bas. Avant cela nous avons un lot d'événements ubuesques à vous faire partager, je vous les donne en bref.

Alors que l'été est toujours au rendez vous dans l'hémisphère Sud. Les féminines de Poneke s'entraine sur la plage façon Rocky. Au hasard d'une autre plage de Wellington, un Anglais vient nous voir et nous propose en toute simplicité d'emprunter ses kayaks et d'aller faire un tour, la sympathie gratuite existe encore, elle est juste rare. Evan, un ami de Jelle et Helen, reste quelques jours à la maison pour préparer son mariage à Wellington, et s'occupe lui même des langoustes pour le repas en allant plonger chaque jour ; je l'accompagne une journée pour quelques apnées sur la Kapiti cost.

Vous vous souvenez peut-être d'une pub que j'ai faîtes pour un évènement rugbystique campagnard avec trois joueurs des Hurricanes en orange qui se balladent sur un terrain de village, dans une usine de bière et se font courser par un ours. Nous sommes allés à cet évènement, invités en VIP et c'était AWESOME. Tui, la fameuse marque de binouse organisait la fête, nous avions notre box au sommet de camions à bestiaux, une idée géniale, encore une fois des quantités astronomiques de bières gratuites à en être blasé (non je déconne). Virginie a pris LA photo tant espérée avec Monsieur Dan Carter. Les hurricanes ont gagné, le match, la bouffe, le temps, les conditions étaient parfaites incluant même un aller retour Wellington Ekatahuna gratuit, ça a du bon d'être VIP. Et en prime des avions vintage et des hellicos ont survolé le stade pendant le match. Awesome je vous dis.

Deuxième saison pour nous et l'annuel Wellington Seven's. Malgré un super temps comparé à l'année dernière, l'ambiance n'aura pas été aussi électrique. Le stade et les rues beaucoup moins bondés, des animations dans le stade revues à la baisse et des agents de sécurité pénibles ont contribué à une ambiance générale mitigée en comparaison avec cet exceptionnel week end que nous avons vécu en Rock star il y a un an. Mais évidemment, il en aurait fallu bien plus pour décourager la bande de chirurgiens tout bleu aux couleurs des nos poulains Français que nous avons supporté avec ardeur, bien qu'une fois encore les Blacks ont remporté le trophée ultime. Il en restera du très beau rugby, le fait qu'une charlotte ne fait pas barrière aux UV malgré ce qu'on pourrait croire, une incapacité complète de rester concentré sur quoi que ce soit, notre regard étant happé soit par une action de classe sur le terrain, ou sur des fondus avec des déguisements en tout genre s'adonnant à quelques pitreries, ou encore des bimbos de passage profitant de l'évènement pour pavaner avec des costumes autorisant le moins de tissus possibles (ça marche aussi pour le sexe opposé...). Je connais quelques chirurgiens qui se sont régalés pour toutes ces raisons. C'est toujours étonnant le nombre de fêtards qui cherchait à savoir si nous étions de vrais chirurgiens, sans compter les nanas éméchées qui ont demandé aux collègues de se faire ausculter, ah le fameux pouvoir des médecins... Le vrai rendez vous survolté aura été le samedi soir sur le water front en face du Pub Chicago autour d'un podium géant qui marquera le cœur d'un gros délire collectif.

Demain nous voguerons vers Greytown pour assister aux noces de John, mon boss du Dusk, avec sa charmante Amy, cela annoncera la fin de la saison des mariages et enterrements de vie de garçon de ce début d'année. Avant John, il y a eu Mui et Anna, de très bons amis du rugby. Nous commençons avec l'enterrement de vie de garçon de Mui avec un paintball couvert. Les parties en règle se sont transformées en tir au pigeon pour le pauvre Mui qui s'est littéralement fait canarder par toute l'escouade. Des bleus partout sur le corps, mais ça ne l'a pas empêché d'être mort de rire alors qu'il se faisait shooter, ces gars du Pacifique sont décidément plus solide que nous. La seconde partie était géniale dans sa simplicité, on squatte tous ensemble dans un vestiaire de Poneke pour s'empiffrer d'un barbecue sans fin, avec une glacière apparemment magique puisqu'il était impossible d'en vider son contenu alcoolisé.

Une semaine plus tard, nous filons dans un vignoble à Martinborough, pour assister à la cérémonie et aux festivités. Un domaine gigantesque avec évidemment du vin en veux tu en voilà, et même un jeu de pétanque à dispo pour les convives, on se serait presque cru au pays pendant un instant. Ce fût un plaisir d'expliquer à nos amis maoris, les rudiments de ce jeu légendaire. Ce mariage était vraiment super, nous étions assis sur des ballots de paille sous des oliviers pendant la cérémonie. Puis le dîner a pris place dans l'énorme hangar où tournent les gigantesques cuves à vin. Une petite pièce transformée en photomaton nous a offert de bonnes poilades. Le lendemain, un barbecue géant dont ils ont le secret a atténué notre gueule de bois, avant que nous profitions de cette escapade pour rendre visite au Cap Palliser, la pointe la plus au sud de l'île du Nord encore inconnu de nos iris. Un paysage costale sauvage somptueux dominé par son phare et ses 253 marches, et habité par un par une grosse colonie de phoques.

Au tour de John, son enterrement de vie de garçon s'est déroulé à Riversdale, sur la côte ouest dans la maison de vacances familiale en bord de mer. John en body fluo grotesque à du répondre aux gages infligés par chacun des participants tous plus malintentionnés les uns les autres. Il a relevé chacun avec brio, mais ce qui se passe à enterrement de vie de garçon reste à l'enterrement de vie garçon. Bon, il y a quand même quelques photos... Au petit pays matin le soleil et les vagues nous appellent pour nous faire oublier le souvenir aigre de la nuit passée collé au fond de l'estomac. La planche sous le bras, nous parcourons les 50m de sable qui nous séparent de l'eau. 2h plus tard et pas mal de vagues toutes en douceur et fluidité, l'indétrônable barbecue nous appelle à 10h du matin avant d'attaquer le retour à Wellington. Et demain le mariage, malgré toute notre volonté, week end après week end, nous ne pouvons stopper le flot de la fiesta, nous n'y pouvons absolument rien.

En parlant de fiesta (encore), Virginie a franchi une année de plus vers la sagesse séculaire sous l'emprunte du voyage. Visite d'un cockpit, et découverte de l'expo des 75 ans de l'aviation civile Néo Zélandaise, avec en prime un super premier essai vers le futur avec des simulations de réalités virtuelles (vous savez ce gros casque que vous enfilez sur la tête et qui vous fait entrer dans un monde virtuel comme dans les films de sciences fictions), ensuite crêpes françaises, massage balinais, cocktails exotiques sur le front de mer et enfin un dîner entre amis réunis dans un restaurant New Yorkais. Je crois qu'elle a apprécié sa journée.

Et pour conclure ce très long post parce que j'ai pris la mauvaise habitude d'écrire tous les deux mois maintenant, je vous annonce que vous n'aurez pas de nouvelles avant au moins deux mois. Placer mes pions c'était rencontrer des gens qui travaillent sur les gros films qui se tournent ici et commencer à vendre ma soupe pour à mon tour jouer avec les big boys et les films qui se comptent en millions de dollars. Après plusieurs occasions manquées pour des histoires de productions qui mettent à chaque fois un petit coup de marteau sur le moral, lundi je commence le tournage d'un long métrage aux studios de Stones Street, les gros balèzes là, où se sont tournés Le Hobbit et Avatar. Je vais donc faire mon premier pas dans la cour des grands sur un film d'horreur américain produit par Legendary (The Dark Knight, 300, Godzilla, Interstellar...). Je vais travailler en temps qu'opérateur vidéo, ce qui consiste à gérer le retours vidéos pour chaque membre de l'équipe qui en a besoin, je commande tout ça l'aide d'un logiciel qui permet de classer les rushes, faire de pré montages ou du pré compositing (incrustation en fond vert); et je travaillerai en étroite relation avec la scripte pour assurer les raccords avec les plans déjà tournés, ou le chef opérateur qui aura besoin de récupérer des informations techniques, ou bien sûr le réalisateur qui a besoin de revoir la prise qu'il vient de tourner. Bref je suis hyper excité et ravi d'attaquer ça très bientôt. Il paraît qu'un fois qu'on a fait le premier pas sur ce genre de projet, les dés sont lancés et le jeu continue assez rapidement par la suite. L'autre bonne nouvelle est aussi que ce boulot va nous permettre financièrement de revenir voir vos trognes dès qu'on en saura plus par rapport à la résidence. Y a plus qu'à croiser les doigts un petit peu et à assurer beaucoup.

Voilà les news en Terre Kiwi, des teufs chaque week end, une poulette Manager de magasins, et un poulet sur un gros film ricain.

Gros bisous la Volaille !!!

VERS LA COUR DES GRANDS
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