Joyeuses Pacques
Le 1er avril. La résurrection de Jésus n’aura jamais été aussi mémorable. En pleine nuit nous chargeons tous les bagages sur notre bateau maison. L’équipage Brésilien installe les hamacs, pas de cabine, tous à la même enseigne les uns à côtés des autres. Les toilettes et les douches pompent leur eau de la rivière. L’excitation monte, le départ est imminent. Nous quittons le port de Macapa et entamons le périple de 17h avant le lieu du tournage. J’ai déjà grimpé partout et exploré tous les recoins du bateau. Le soleil se lève sur le pont supérieur, sur la proue, tout comme mes collègues, je suis sans voix, simplement dans l’admiration totale de ce qui s’offre à mes yeux. C’est irréel, magnifique, avec le décalage horaire extrême, l’absence prolongée de sommeil, je suis dans un état proche de l’inconscience, j’ai du mal à réalisé où je me trouve, ce qui accentue d’avantage mon impression de rêver. Mes sens quand à eux sont bien éveillés et leurs informations primaires sont devenues maitre de mon esprit, le vent, le bruit de l’eau, la lumière, je me gave littéralement de toute la majesté de l’Amazone. J’ai bien conscience d’être un privilégié pourtant je me sens totalement dans mon élément sur ce bateau. C’est incroyable et évident, complètement fou et simplement concret. Mais je crois que la chose la plus troublante est de savoir que je suis payé pour ça.
A cet instant présent, je ballote doucement dans mon hamac, l’ordinateur posé sur moi, je lève les yeux de l’écran et je regarde défiler la forêt amazonienne à 10m de moi…
