Pur week end
Après tant de jours passés sur le même sol, la vie en mode road trip a laissé échapper un écho le temps d’un week end. Direction New Plytmouth, pour le dernier match du XV de France sur les terres Kiwi. Pas question de le regarder dans un bar à Wellington celui ci. Cependant ce n’était vraiment pas couru d’avance. Glands comme nous sommes nous n’avions pas de place. La vraie raison c’est que le seul site de billetterie qui vendait des places pour ce match, les envoyait par courrier et temps qu’on n’avait pas d’adresse, impossible de savoir où les envoyer. On s’est donc précipité sur le site dès qu’on est devenu sédentaire mais trop tard, tout était déjà parti. J’ai bien essayé d’en trouver sur l’équivalent d’ebay, mais l’enchère montait à 500 $ pour 2 billets, n’importe quoi. On se présente donc à la porte d’entrée du stade simplement muni de notre culot et d’une confiance déjà avouée dans cette étrange loi des probabilités. Il se trouve que nous ne sommes pas les seuls guignols Français à faire la manche de places. Un gars seul qui racole à tout va est le premier récompensé. Ensuite un couple en provenance de nouvelle Calédonie arrivé après nous s’ajoute à la liste des boulets. Rien ne semble se présenter, je me dirige alors vers une maison voisine du stade, qui a une vue parfaite sur le terrain de son jardin, pour voir s’il y a âme qui vive apte à la négociation pour louer 2h son bout de jardin. Sans succès, je reviens sur mes pas pour voir le couple de Nouvelle Calédonie courir vers un mec et lui soutirer deux places. En plus ils ont l’audace de nous dire « ohhhh vous n’en avez pas encore, bonne chance en tout cas !» Ah les bâtards ! Ce regard plein de pitié hypocrite a bien failli me hanter. A ce moment je commence à être vraiment énervé. L’heure avance et on est les deux seuls bouffons à ne pas avoir de billets, puis un mec se pointe, il a une place en trop. En désespoir de cause je lui achète pour ne pas laisser passer l’occas, je me dis les chances de trouver une autre place à cette heure sont bien plus forte que deux d’un coup. Mais il nous manque toujours une place. On devient alors beaucoup féroces dans notre quête jusqu’à que je vois Virginie au loin discuter avec un groupe de supporters Français. Et Alléluia, ils ont deux places en trop à vendre. On se jette dessus pour seulement 80$, parfait. Bien mais si vous suivez toujours, on a maintenant 3 places. De l’acheteur en galère, on devient alors le vendeur en chien. Je me poste alors au milieu de la file d’attente le ticket dispo tendu vers le seigneur dans l’attente d’un miracle. Il finit par se présenter sous la forme d’un kiwi en bonnet clope au bec. Il m’interpelle et s’adresse à moi la clope toujours pincée entre ses lèvres, je pense qui ni lui ni moi n’avons compris un seul mot pendant notre échange, le fait est qu’il m’a racheté le billet au prix où je l’avais payé quelques minutes plus tôt. C’est avec une certaine saveur que nous sommes enfin entrés dans le Yarrow Stadium de New Plymouth.
Stade blindé (logique), Steinlager le sponsor du tournoi sera notre allié à bulles pendant le match. Et c’est avec une grande fierté que je la tends vers mon panorama, certes il ne s’agit pas de la récompense traditionnelle d’une longue marche, pourtant pour être parvenus à être là il s’agit bien d’une ascension.
Le premier Haka des All Blacks en live restera un bon souvenir. La puissance du bordel n’est vraiment pas surestimée. Les lance-flammes nous ont offert quelques secondes de chauffage, le match était de qualité, bien qu’une fois de plus dans ce combat de volatiles, les coqs se sont fait plumés par les kiwis. 3 défaites sur 3 matchs, ça pique ce long bec. Mais la défaite n’a pas gâché le plaisir d’être là, assis à côté d’un groupe de papis en vacances à l’accent chantant de nos lointaines contrées du sud de la France et à la vanne acérée. L’accent du sud volontairement forcé sur la langue anglaise était à mourir de rire. Par contre, même si nous étions prévenus, je me dois de mettre un carton au public néo zélandais qui brille par sa passivité à mettre l’ambiance dans les stades. Difficile de croire qu’Anglais, Galois, Irlandais et Écossais ont fondé ce pays quand on connaît le bordel que c’est dans les stades des maisons mères.
Match terminé, quelques binouses de rigueur dans un bar du centre ville, mais ne trainons pas trop, le lendemain s’annonce sportif.
En ce dimanche 23 juin 2013, l’objectif du jour est de faire la plus belle ballade possible sur le Mont Taranaki vu les circonstances hivernales et l’accès potentiellement fermé des chemins à cause de la neige. Pour la petite histoire, le Mont Taranaki est l’un des plus jeune volcan de Nouvelle Zélande isolé à l’ouest de l’île du nord. Il a servit de décors au « Dernier Samouraï » pour sa ressemblance avec le mont Fuji.
Après les conseils d’un employé du « I » (Information Center = office du tourisme) de New Plymouth, on s’engage sur un chemin sans trop savoir ce qui nous attend. Comme souvent, ça commence dans une forêt et ça monte et ça dure. A la différence des autres fois ce chemin est recouvert des planches de bois qui font office de marches, c’est comme si on grimpait un escalier géant. Pas vraiment fun au début, puis la neige commence à faire son apparition. Après avoir maudit nos surcouches de fringues qui font office de sauna au départ, on s’aperçoit qu’on est dans le vrai en gagnant de l’altitude. La forêt se transforme au fil de notre grimpette, on se retrouve maintenant dans ce qu’ils appellent la forêt des gnomes de par ces petits arbustes touffus d’environ 1 mètre qui jonchent cette partie de la montagne, une petite forêt où vivraient des petits gnomes.
La fin de l’ascension était simplement géniale, on marque une pause repas dans un refuge, parfaitement posés au soleil face à la vallée et à l’abri du vent. Une fois rassasiés on termine notre montée à quelques centaines de mètres au dessus du refuge pour une vue splendide sur le Mont Taranaki. On profite de l’instant en se faisant fouetter par un vent glaciale et en rendant visite à un lac gelé assez proche. Pas de bière en poche alors je célèbre la victoire avec cette superbe snow beer.
Après 5h de marche dont une descente en speedy Gonzales comme d’hab (et pas mal de gamelles dans la neige, Virginie a été obligée de s'arrêter pour pisser à force de se foutre de moi), cette rando était l’une des plus belles. Mais elle laisse cependant un tout petit gout d’inachevé, regarder ce Mont d’aussi près est comme un vertige qui nous invite à grimper au sommet. Ce n’est évidemment pas possible en une journée et probablement trop compliqué en hiver, mais une ou deux nuits en refuge pour aller regarder à l’intérieur du cratère peut être un défi intéressant si certains d’entre vous veulent nous rejoindre pour découvrir cette terre étrange sur laquelle on a atterri.







