Une grosse bouffe d’oxygène
Du 12 au 15 mai. C’est avec un petit mais alors tout petit pincement au cœur que nous remontons après avoir tant descendu. Mais surprises et émerveillements sont plus qu’au rendez en nous dirigeant par l’ouest de l’île du sud. La région des Fiordlands pour vous donner une idée ressemble à peu près aux Alpes ayant subis un tsunami géant. Une succession de lacs et de montagnes nous guident vers plusieurs d’entre eux.
Le Lac Manapouri pour commencer. Nous choisissons une petite rando à travers la forêt. Pour y accéder nous devons traverser une rivière ; l’office nous propose avec empressement un bateau taxi, nous refusons évidemment préférant de loin la location d’une bonne vielle barque moins chère et beaucoup plus galère, donc beaucoup plus drôle. Le vieux qui nous l’a loué nous a demandé à plusieurs reprises si on était sûr de vouloir prendre la barque, c’est pas simple à gérer avec le courant … et d’habitude les français ne prennent jamais la barque mais le taxi boat… bouillonnement interne, file moi cette foutue barque !!!
Effectivement j’ai un peu galéré mais j’étais hilare, j’en connais une en revanche qui n’a pas fait la maline du tout la dessus, il semblerait que je dégageais un sentiment de confiance rayonnant. Le retour était plus détendu bien que plus difficile à contre courant. Bref je ne suis pas en train de vous écrire perdu au beau milieu d’un lac, donc tout s’est bien passé. La petite marche dans la forêt quant à elle a été bien plus hard que prévue, dénivelé de fou tout le long, parfois à la limite de l’escalade. Jusqu’à arriver au sommet et me rendre compte que j’ai zappé la binouse de la victoire, du coup je vous célèbre ça avec un sandwich. Retour en descente bien plus rapide forcément mais corsée car les jambes crevées étaient aussi flageolante qu’un flageolet (c’est le genre de vanne pourrie qui te vaut des culs secs au rugby ça, mais j’aime bien ; les vannes pourries pas les flageolets).
Après le retour en barque d’une maitrise exemplaire, petit détour par le lac Te Anau à vol de Patrick.
Nous hésitons à aller au Milford Sound car la route de 130km est à sens unique et nous sommes forcées de refaire ces 130 bornes dans l’autre sens pour retrouver une route sensée. Mais l’hésitation s’évapore face à la réalité du paysage au bout de ce long chemin. Ce ne sont pas des effets spéciaux, nous sommes bien sur Terre, les photos n’ont pas été retouchées en noir et blanc. Cascade, lac, brume épaisse entres les montagnes, couleur lunaire, et un ptit arc en ciel pour la route, Woooaaah. C’est le genre de gifle qui donne envie de tendre l’autre joue. Papa je sais ce que c’est de se prendre une bouffe aujourd’hui.


















